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CAMPAGNES
pouvaient pas se flatter sérieusement de releverl’ancien régime à l’aide de quelques milliers depaysans révoltés. Ils devaient savoir que, si laFrance abhorrait la Convention, elle n’en con-servait pas moins une répugnance invincible pourle retour au gouvernement des temps antérieursà 1789 , basé sur l’arbitraire et les privilèges ; ilsavaient pu voir qu’à ce sentiment d’aversion gé-nérale se mêlait alors l’effroi d’une sanglanteréaction opérée par le glaive des étrangers alliésde la contre-révolution. La politique , d’accordavecla raison, semblait donc leur conseiller defonder leur opposition armée sur le principe dela monarchie constitutionnelle ; ils auraient in-failliblement trouvé de l’écho et de la sympathiedans le reste de la France. Mais qu’ils aient ounon conçu cette idée, il est certain qu’elle n’étaitnullement praticable sur le terrain où leur mau-vaise fortune les força d’engager le combat ; caril ne fut pas en leur puissance de changer lanature de l’instrument que leur confiait le parti-prêtre , et qu’il avait façonné pour son usage ;les efforts de la raison auraient infaillible-ment émoussé cette arme terrible ; et d’ailleursles factions ne sont fortes que par les passions.Il fallut donc se servir de celles des Vendéens