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CAMPAGNES
Ces violentes excitations avaient tellement ir-rité les esprits des paysans vendéens, que, versle milieu du mois d’août, époque où l’on atten-dait à tout moment la nouvelle de l’irruption duduc de Brunswick, une étincelle alluma tout acoup l’incendie. Le maire de Bressuire, coupablede quelques excès qui mécontentèrent ses admi-nistrés, fut contraint de sortir de la ville- fu-rieux , il parcourut les campagnes environnan-tes, et provoqua la révolte. Les bons prêtressaisirent avidement cette occasion ; à leurs voixles cloches s’ébranlent, quarante paroisses selèvent en masse. En peu d’heures, quinze millehommes, armés de hâtons et de fourches, ou demauvais fusils , sont réunis et marchent surBressuire, conduits par Delouche, le maire decelte ville, et par un gentilhomme nommé Beau-dry d’Asson ; les bons prêtres sont dans les rangssous leur travestissement habituel.
Au moment d’agir, les avis se partagent : onne veut plus attaquer Bressuire ; c’est vers Châ-tillon que se précipite le torrent populaire. Cetteville est envahie et mise au pillage. La victoireenflamme les coeurs ; on marche alors sur Bras-suire, mais il n’était plus temps : le 24 août, iamasse désordonnée des insurgés se heurte, eu