118
CAMPAGNES
sein de tourner celte position, et de couper augénéral le chemin de la ville.
Mais, au milieu de la nuit, Canclaux, à lafaveur de l’obscurité, opéra sa retraite en silenceavec le plus grand ordre, et déjà toutes ses troupesétaient à l’abri dans les murs de Nantes, quand,le 29, à deux heures du matin, le signal du com-bat fut donné par l’artillerie de Charette, au delàdu pont de la Loire. Peu après, le canon tonnade toutes parts autour de la ville.
C’est à la porte de Rennes, assaillie par Ca-thelineau, que l’attaque la plus vigoureuse futle plus constamment soutenue; celle de Cha-rette sur la rive gauche n’était que simulée. Ledéfaut de concert entre les chefs vendéens se si-gnala, en celte occasion, de la manière la plusfuneste ; quelques milliers d’hommes suffisaientpour celte fausse attaque, et les trois quarts aumoins des troupes de la Basse-Vendée, joignantleurs efforts à ceux des assiégeans, à la droitedu fleuve, auraient probablement décidé la vic-toire en faveur de l’armée catholique ; mais, danstout le cours de cette guerre, Charette se mon-tra constamment plus jaloux de ses droits, commechef indépendant, qu’occupé du soin de fairetriompher la cause générale.