DE LA VEADJiE.
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le succès de l’expédition lui semblait exiger qu’onne perdît pas une minute pour agir. Mais déjàse manifestait le défaut d’accord enlre la poli-tique anglaise et les vues de l’émigration. Le butdes réfugiés français était la contre-révolution ,comme moyen de ressaisir leurs propriétés, et dereprendre leur position sociale. Le cabinet deSaint-James se proposait pour objet principalla division et l’affaiblissement de la France, afinde la combattre avec plus d’avantage; avant tout,le gouvernement anglais voulait appesantir surune nation ennemie le fardeau des malheursenfantés par la révolution, afin d’en faire unépouvantail à l’Angleterre, qui, depuis 1789,montrait une grande propension à s’insurger, àl’exemple des Français, pour obtenir la réformedes abus. Aussi, opposant les froids calculs dela raison d’Etat aux bouillantes inspirations del’intérêt personnel, que les émigrés décoraientdu nom de sentiinens chevaleresques , le minis-tère du roi Georges avait commandé aux chefsde la flotte de se tenir en garde contre les rêvesde Puisaye ; d’attendre que son armée de quatre-vingt mille hommes se montrât prête à opérersa jonction , et que le soulèvement général dela Bretagne, également promis par lui, eût