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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DR IA STRATÉGIE.

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stratégique des frontières; la division straté-gique du théâtre delà guerre, la base de l’ap-provisionnement , les objets des opérations, lesbases d’opérations; les ligues alimentaires etcelles d’opérations, et la limitation de l’échi-quier stratégique. Je les ai qualifiés de partiethéorique de la stratégie, et je ne crois pasque ce soit une dénomination usurpée. Quantà celle de système géographique , elle me paraîtd’autant plus juste, que tous les principes surlesquels reposent le caractère et les propriétésde ces differentes parties, sont basés sur lagéographie militaire.

D’après l’énumération que je viens de fairedes éléments du système géographique , il estaisé de se convaincre qu’ils sont tous d’unenature passive; mais la raison en est toutesimple, c’est qu’ils appartiennent à une créa-tion inerte.

Le système géographique doit s’occuper à dé-velopper la nature et les propriétés de tous seséléments, afin de pouvoir les utiliser d’après lesvertus inlrinsèqnes qui leur sont tombées enpartage, au moment où les forces mobiles de-vront être mises en action. Les différentes par-ties d’un échiquier stratégique étant les plusfermes appuis des opérations des armées, il esttout juste que leurs manœuvres n'acquièrentde stabilité vraiment positive, que lorsque leterrain où elles opèrent est exploité, et sespropriétés reconnues, appréciées et utilisés d’a-près les avantages inhérents à leur nature. C’estcette appréciation qui nous guide plus tarddans le jugement que nous devons porter surles propriétés et la configuration des frontières,dans le choix des lignes et des bases d’opéra-tions les plus avantageuses, dans la désignationdes objets des opérations les plus impor-tants, etc., de la conquête ou du maintien des-quels dépend l’intégrité de l’échiquier où lesarmées sont appelées à manœuvrer.

La juste appréciation des différentes partiesdu système géographique est une condition ex-presse pour faire la guerre avec avantage etsolidité. Cette appréciation doit être envisagée :

1. Sous le rapport matériel ou géographique;

2. Sous le rapport 'militaire ou stratégique.

Ces deux rapports seront soumis à une autre

subdivision qui expliquera :

1. La nature des prérogatives et les désavan-tages de chaque partie prise isolément.

v 2. Le point de vue sous lequel nous devonsles envisager dans leur ensemble.

L’appréciation de ces deux rapports avecleurs subdivisions, forme la vraie base de lapartie raisonnée du système géographique, qui,pour être complète, revendique les notionssuivantes :

Pour la première subdivision, envisagée sousle point de vue des deux rapports, géographi-que et militaire :

1. Une explication claire et précise de lanature topographique et des ressources mili-taires de chaque partie prise isolément ;

2. Une connaissance détaillée des avantagesmatériels et des combinaisons opératives queles différentes créations offrent à la défense ;

3. Une appréciation bien juste, mais dans lemême sens, des avantages qu’on peut en retirerpour l’attaque.

Et pour la seconde subdivision,

1. L’influence matérielle et militaire que laposition des différentes parties peut avoir l’unesur l’autre dans l’ensemble du cadre, baséesur leur configuration topographique et leursavantages stratégiques, d’oùnousferons dériver:

2. Les combinaisons opératives qui pourronten rejaillir pour la défense ;

3. Les ressources que les manœuvres pour-ront en retirer pour l’attaque.

C’est la somme de ces différentes'notions quisera la vraie source, d’où le système opératifempruntera plus tard ses combinaisons qui,appartenant à la partie exécutive de la straté-gie, ne peuvent être discutées qu’au momentoù les principes du système géographique ,seront expliqués et fixés.

Le lien qui unit ces deux systèmes, les res-sources que l’un lire de l’autre et les combi-naisons qui en dérivent, sont indissolubles etd’une nature synthétique. Au reste, le lecteurpourra se convaincre plus tard, plus aisémentet avec plus de certitude, du rapport intimeet constant qui existe entre eux, et combienla partie théorique de la stratégie influe avan-tageusement sur la partie pratique, et enfait si non un système invariable, du moinsune science, qu’il faut étudier dans le reposque nous offre le cabinet, et qu’on n’apprendque superficiellement dans le tumulte desguerres.

Quant au système géographique pris isodé-

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