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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

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TREIZIÉME MÉMOIRE.

SL'H LE SYSTÈME OPÉRATIF DE LA STRATÉGIE, OU SUR LE MÉCANISME DES GRANDES OPÉRATIONS.

Le système opératif de la stratégie est la sec-tion pratique de la science de la guerre. Il nousdonne les moyens d’offrir en effets et en résul-tat, ce que le système géographique, qui enest la vraie partie théorique, nous donne enrègle et en préceptes.

La tâche imposée à la partie opérative de lastratégie consiste à nous indiquer les moyensles plus sûrs et les moins pernicieux que laforce active doit employer pour s’emparer desobjets et des bases d’opérations. Ces moyensnous mènent au vrai but vers lequel tendentnos mouvements, celui de conduire graduelle-ment l’armée à travers l’échiquier stratégiquejusqu’à l’objet principal des opérations, dont lapossession doit décider du sort de la guerre.

Le système opératif de la stratégie est basé;

1. Sur une appréciation juste et détaillée desavantages du terrain, sous les rapports géogra-phique et militaire;

2. Sur le calcul du temps et des distances ;

3. Sur la rapidité des mouvements.

La première sert à nous familiariser avec leterrain, avec ses ressources et ses prérogatives;le second à calculer le temps nécessaire et lesespaces à franchir pour parvenir à l’objet desopérations, et la troisième, dans le cas que lesassaillants et les défenseurs se trouvent à égaledistance de l’objet qu’ils se proposent de con-quérir ou de défendre, nous offre la faculté

d’y prévenir l’adversaire. Dans ces trois prin-cipes, qui servent de base au système opératif,nous trouvons les éléments qui le consolident,le calcul qui le régularise, et le caractère dontil doit être empreint.

Un chef qui manie ses masses avec dextéritéet vitesse sera toujours en gain sur un adver-saire moins expert et moins prompt. Cette pré-pondérance dépend de la sagacité du chef etde la bonté de l’armée. Le choix des commu-nications les plus courtes et les plus avanta-geuses , la désignation des objets qui doiventavoir une influence positive sur le sort de laguerre, etc., dépendent des facultés intellec-tuelles du premier, la célérité des marches, dela constitution physique et des dispositionsmorales de la seconde.

L’usage ayant aboli les lentes, les grandsavantages qui proviennent de la vivacité desmarches, ayant diminué de beaucoup le nom-bre des équipages, les grandes opérations endevinrent plus rapides et plus décisives.

C’est du maintien rigide des trois élémentsque je viens de désigner, que nous ferons dé-river le résumé des combinaisons applicablesà l’attaque et à la défense.

L’un et l’autre état exigent une discussionet une préparation préliminaires, car c’est lemeilleur, et à peu près le seul moyen de maî-triser les différentes combinaisons et de do-