DES TROIS ARMES.
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étant irréfragable, gardons-nous bien de ja-mais paralyser l’action des différentes armes,en les faisant agir sur un terrain qui soit con-traire à leurs mouvements.
Des principes et réflexions ci-dessus énoncés,nous pouvons tirer les conséquences généralessuivantes :
1° Pour que les différentes armes remplis-sent leur devoir avec avantage, il faut que leurperfectionnement soit exempt de fautes etadapté à leur vrai service. Sans lui, une arméen’offrirait qu’un corps dont les membres se-raient paralysés, et qui, par conséquent, neserait pas susceptible du moindre effort quisoit d’une conséquence majeure. Une arméepareille rentrerait bientôt dans le néant, queses moyens réels lui assignent ;
2° Pour que les résultats auxquels on doits’attendre de l’emploi des différentes armes,répondent justement à l’idée qui en est leprincipe, il faut absolument que cet emploide chacune d’elles se fasse dans la circonstancequi lui est la plus favorable, et que leur sou-tien réciproque fasse paraître d’un côté leursforces intrinsèques dans tout leur jour, et sous-traie de l’autre les faiblesses de toutes les troisaux coups menaçants des ennemis. Voilà pour-quoi la connaissance profonde des propriétésde toutes les trois est indispensable à celui quiest destiné à en manier de grandes masses;
5° Que le terrain sur lequel on fait combattreles différentes armes, ne paralyse pas leur forceinhérente ;
4° Que leur distribution, sur le champ debataille , soit en rapport direct avec l’impor-tance du point qu’elles sont destinées à défendre.
C’est dans ces quatre points que l’on trouvenon la source infaillible des victoires, mais dumoins des moyens assez efficaces pour se sou-tenir avec avantage sur un champ de bataille.
Faisons abstraction de l’équilibre qu’on vou-drait établir entre les résultats que produit laforce motrice de chaque arme et ceux qui pro-viennent du courage des troupes, vertu inap-préciable, il est vrai, qui est sans doute unedes grandes causes des victoires, mais dont leseffets ne sauraient jamais se déterminer, carles forces morales ne sont assujetties à aucuncalcul, et ne récapitulons qu’une partie desauses m atérielles des victoires ou des défaites,qui appartiennent au domaine de l’organisa-
tion et de la lactique des trois armes, et quine manquent pas d’avoir une influence ma-jeure sur l’issue des combats, nous nous con-vaincrons facilement, qu’une fois que lestroupes sont rangées en bataille, les premièresont été en grande partie le fruit de la rigideobservation de ces règles, et les autres la con-séquence indubitable de leur oubli.
Des conséquences aussi graves doivent doncnous servir de raisons péremptoires pour nousporter à accorder à l’éducation des armées uneattention particulière, et à rendre propre à laguerre, autant que possible, cette espèce plusou moins matérielle d’humains dont on fait dessoldats, afin de ne pas manquer le but de leurinstitution.
Mais cependant gardons-nous bien de n’en-visager l'éducation du soldat que sous son seulrapport physique, n’oublions pas qu’il n’enreste pas moins homme pour cela, et que lesvertus morales sont, sous cette seconde condi-tion, son plus bel ornement. Que son éduca-tion ait donc deux tendances distinctes, dontl’une en fasse un être religieux, honnête,soumis et fidèle à son serment et à ses devoirs,et l’autre un défenseur habile et zélé des inté-rêts de son souverain et du sol paternel.
La religion épurera ses mœurs, ne le por-tera qu’à ce qui est bon et honnête, et, en luiapprenant à aimer ses devoirs, le conduirad’une manière graduelle à connaître, à res-pecter, à chérir la dignité de son état et à ou-blier sa première existence, comme habitantd’une paisible chaumière, dont le souvenir en-trave si souvent les premiers moments de l’exis-tence militaire, et porte le soldat à une sorted’apathie nuisible au développement de sesqualités intellectuelles.
La recrue, passant de l’étal de paysan à celuide soldat, entre dans une sphère nouvelle quilui impose des devoirs à remplir, et dans la-quelle ceux qu’elle contracte envers son sou-verain et sa patrie, doivent l’emporter sur ceuxde père, de fils, de frère et d’ami, et c’estjustement son amour pour la religion, en ré-veillant en lui celui de ses devoirs, qui opéreracelte conversion. Quant au souvenir de sesdieux pénates, encore présents à son espritcomme l’unique sentiment qui, jusqu’à sonentrée au service, ait rempli son cœur, cettedouleur que l’abandon du toit paternel réveille
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