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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

avantageuse et capable de s’opposer en mêmetemps au choc de l’infanterie et de la cava-lerie ( 1 ).

Si, à celte même bataille d’Albuhéra, que j’aicitée plus haut, la cavalerie des colonels YinotelKonopka, avait été amalgamée à l'infanteriedu général Girard, et eût été en mesure de pro-duire son attaque simultanément avec l’infan-terie française, il n’y a pas de doute que cetteattaque eut peut-être été suffisante pour ren-verser le flanc droit des ennemis, et pourdevenir le prélimentaire de la victoire. Celleque cette cavalerie dirigea contre la brigadeanglaise de Colborne, quoique couronnée d’unsuccès complet, n’eut cependant aucun résul-tat, car ce mouvement avait été trop isolé pourproduire un effet capital.

Mais chaque terrain n’étant pas propre aumouvement de la cavalerie et de l’artillerie,le lecteur objectera peut-être qu’il se présen-tera beaucoup de positions où les bataillonsassaillants devront être privés du secours queces armes peuvent leur accorder. Je deman-derai alors à mon tour pourquoi devrait-on at-taquer en front des positions qui offrentbeaucoup de difficultés pour l’attaque, et dontles entraves sont encore multipliées par lesavantages du terrain? Recherchons alors laréussite de notre mouvement offensif dans lesrègles que nous indique l’art militaire pourvaincre les différents accidents du terrain, queleur configuration rend plus ou moins fortes.Mais comme, dans ces sortes d’attaques, les ti-railleurs de l’infanterie de ligne soutenue parl’artillerie y jouent le plus grand rôle, je meréserve d’en parler au moment où mes ré-flexions m’auront amené jusqu’à ces deuxobjets.

Après avoir émis mon sentiment sur l’ordremince , je pose en dernier résumé :

l°Quoique le déploiement en bataille ne soitpas une formation qui puisse toujours résisterà la colonne; mais comme c’est celle cependantqui fait perdre le plus de monde à l’assaillant,

(î) En discutant sur les attaques à la baïonnette, jecrois obliger mon lecteur en l’invitant à jeter les yeuxsur les idées qu’un officier autrichien a exposées sur cegenre d’attaque (Journal militaire autrichien, an-née 1824,6 e cahier, page 257 ). L.a manière qu’il pro-pose est peut-être trop compliquée pour pouvoir être

il est toujours très-avantageux à l’infanterie quiest attaquée par la même arme, toutes les foisque l’emplacement des bataillons est favorisépar la configuration du terrain, de déployer etde recevoir son ennemi avec un feu de file biennourri. L’essentiel sera donc de placer les ba-taillons sur un terrain qui paralyse surtout lesmouvements offensifs de la cavalerie, et où,par conséquent, l’infanterie ne puisse pas êtreatteinte par celle arme ;

2° Comme les bataillons déployés, à causede la longueur de leur ligne, ne peuvent passe mouvoir sans perdre leur contiguïté, cetteformation ne peut être employée que dans ladéfensive ;

3° Pour ne pas diminuer les avantages quiconsistent dans la vivacité et le nombre des feux,le déploiement doit être achevé à peu près aumoment où l’ennemi commence son mouve-ment offensif, pour pouvoir le saluer pendantsa marche par plus d’une décharge, et tenterde lui faire perdre par là l’envie d’affronter unfeu meurtrier;

4° Gomme la tête d’une colonne n’occupe enlongueur que le terrain d’un peloton ou d’unedivision ( 2 ), pour que les feux du bataillon,qui, composé de huit pelotons, possède parconséquent une plus grande longueur que latète delà colonne, puissent être tous effectifs,et que la majeure partie des balles n’aillent passiffler à droite et à gauche du bataillon assail-lant sans l’atteindre, il est indispensable quele bataillon déployé fasse par demi-bataillonun demi-tour à gauche et à droite, afin que tousles coups, au lieu de se diriger en ligne droite,et dont il y aura, dans le premier cas, les 7/8,et dans le second, les 3/4 de perdus, vinssentse concentrer dans un même foyer et attei-gnent ou les flancs ou la tète des colonnes.

C’est ainsi, et très-facilement, que nous nousprocurerions des feux croisés, si meurtrierspour le but vers lequel ils sont dirigés, et aux-quels Guiberl, dans son Essai général de Tac-tique, a consacré un chapitre entier ( 3 ).

employée dans un combat effectif; mais l’idée n'en restepas moins assez ingénieuse, et par cela même mérited’attirer l’attention des militaires.

(- 2 ) Deux pelotons s’appellent aussi, dans l’arméerusse, une division.

( 3 ) Le lecteur qui désirerait une plus grande compli-