DES TROIS ARMES.
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jouer un rôle bien différent de celui qu’on luiimpose dans les batailles rangées. Dans les re-traites, où il s’agit de la sécurité de toute unearmée, tout, jusqu’au dernier homme de l’ar-rière-garde, doit être utilisé et mis en action,et, par conséquent, la réserve doit payer aussison tribut.
Mais cette disposition de la cavalerie exigetoujours pour l’exécution, des terrains très-vastes et unis, et aussi étendus en largeur qu’enprofondeur, ce que la nature ne nous offre pasfréquemment, et ce qui rend souvent son exé-cution très-difficile, du moins toutes les foisqu’on voudra l’adapter à une grande masse decavalerie.
La formation de la cavalerie en échiquiernous offre aussi de très-grands avantages pourles retraites; car dans ces sortes de mouve-ments, l’essentiel étant toujours,pendant qu’unepartie gagne du terrain en arrière, que l’autrearrête l’ennemi : au moment où la premièreligne se replie sous la protection de la seconde,celle-ci a déjà fait les dispositions nécessairespour recevoir l’ennemi.
Quoique dans les mouvements rétrogrades,la cavalerie doive jouer un très-grand rôle,il ne faut cependant jamais oublier qu’elle nepeut pas soutenir pendant longtemps et sansdésavantage le rôle d’arme indépendante. Sonartillerie devra donc être inséparable d’elle,et, dans plusieurs cas, son infanterie venir ladégager des cas épineux dans lesquels elle peutse trouver, par exemple, en franchissant undéfilé, ou même un espace de terrain tropaccidenté.
Dans de pareils cas, la cavalerie ne peuts’attirer que de mauvaises affaires, et c’est surles soins du chef qui commande la masse destroupes, qu’elle devra se reposer pour disposerses partis d’infanterie de ligne et ses tirailleurssur les points où leur action peut leur offrirde grands avantages, et d’où ils puissent pro-téger en général toutes les troupes rétrogra-dantes, ce dont j’ai eu l’occasion de parler dansla cinquième section du deuxième chapitre.
Comme le point que nous venons de faire oc-cuper par l’infanterie est justement le domaineoù ses avantages sont rehaussés par la configu-
(i) Celle-ci se rassemble ordinairement sous la pro-tection de l’infanterie ou de la même arme,tandis quels
ration du terrain, nous devons d’autant moinscraindre de faire défiler les troupes sous saprotection, que, sur des sites pareils, la ca-valerie a tout à perdre et rien à gagner. Unefois que le défilé sera franchi par les troupesrétrogradantes, nous rendrons à la cavaleriele rôle quelle a été obligée de suspendre mo-mentanément, et l’ennemi la trouvera postéeaux débouchés, prête à fondre sur les tètes descolonnes et possédant par conséquent un avan-tage marqué.
Ce n’est que par un échange de troupes,pareil à celui que je viens de faire, et que nousadapterons au terrain que les troupes rétrogra-dantes parcourront, que nous pourrons sou-tenir avec un certain avantage les attaques destroupes assaillantes, et que nous protégeronsla retraite des rétrogradantes.
Quoique le major Decker, dans ses Instruc-tions pour la cavalerie et l’artillerie à cheval,ait voulu (page 128) s’appesantirsur une thèsequi n’était pas à défendre, je n’en répéteraipas moins : Gare au chef qui permettrait àl’ennemi d’acculer la cavalerie à un défilé. Ceserait lui abandonner volontairement toutesles chances de succès. Mais une imprévoyancepareille n’est pas à supposer.
SECTION VI.
DE L’ACTION DE LA CAVALERIE LÉGÈRE.
L’action de la cavalerie légère se présentesous deux rapports tout à fait opposés :
1°A la débandade;
2° Avec les rangs serrés ou en ligne.
Mais comme ces deux actions, diamétrale-ment opposées Tune à l’autre, se suivent quel-quefois consécutivement, et souvent dans decourts espaces de temps, il faut accoutumer lacavalerie légère plus encore que celle de li-gne (i), à se rassembler et se reformer avecordre et vitesse. Ce rassemblement spontanéet quelquefois indispensable, est justementl’écueil où la cavalerie échoue si souvent. Ona vu des chefs de cavalerie être obligés demener leurs troupes à des distances assez gran-des , derrière les lignes de bataille, pour rallier
cavalerie légère s’étant aventurée trop loin, est obligéequelquefois de former ses lignes sous le feu des ennemis.
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