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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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EXAMEN RAISONNÉ

première, pour qu’elle puisse se maintenir avecune sorte d’avantage. Il ne reste donc qu’unseul moyen pour rétablir cet équilibre, c’estd’accorder à l’infanterie un secours assez puis-sant pour pouvoir paralyser les effets meur-triers de l’artillerie, et ce secours, nous letrouvons dans l’artillerie môme.

La combinaison de l’infanterie avec l’artil-lerie, en soustrayant la première aux effetsmeurtriers delà seconde etcorrigeani le vice ca-pital qui rendait son action imparfaite, produit,entre les deux armes, un rapport intime qu’onne doit jamais rompre, si on ne veut pas mettrel’infanterie en butte à des désavantages mar-quants. En suivant ces deux armes dans leuraction offensive et défensive, on se convaincrad’autant plus de l’intimité du rapport entre lesdeux, qu’on verra que la combinaison de leuraction leur suffit pour pouvoir attaquer ainsique se défendre avec avantage.

La combinaison existant une fois dans lesmoments d’engagements qui commencent parle feu de l’artillerie, la partie qui se défendriposte par un feu aussi bien nourri que celuiqu’elle reçoit. Les tirailleurs ennemis cher-chent-ils à se glisser, à la faveur des sinuositésdu terrain, pour s’approcher des batteries, etpar des coups bien dirigés leur enlever leursservants, l’infanterie défensive leur oppose lamême troupe, et, en les forçant à fixer leurattention sur les adversaires qu’on vient delancer contre eux, contribue ainsi à la défenseet à l’état de sécurité de son artillerie.

L’ennemi se propose-t-il de nous enlevernotre artillerie par le choc vigoureux de la ca-valerie, on épie son mouvement offensif, etlorsque le moment dangereux approche, lesbatteries sont mises en un lieu de sûreté, etl’impétuosité de cette cavalerie vient se brisercontre les colonnes de l’infanterie, qui, commenous l’avons déjà vu, possèdent les vertus dé-fensives les plus puissantes.

Se propose-t-on de prononcer un mouvementoffensif dont un choc doit être la suite, les co-lonnes offensives, les tirailleurs et l’artilleriepossédront assez d’éléments destructifs et depropriétés préparatoires pour rendre l’actiondécisive. Recourons à un exemple pour rendrel’assertion plus évidente.

A la bataille de Wagrarn, au moment où lesFrançais avaient engagé un feu très-vif du

côté de Markt-Grafen-Ncusiedel, Napoléon di-rigea une autre attaque contre les troupes deHohenzollern, postées devant le village de Bau-mersdorf. Cette attaque fut combinée avec celleque Davoust faisait contre Markt-Grafen-Neu-siedel, pour prendre à revers les troupes ducorps duprincede Rosenberg,quiavaient forméun angle. La liaison de ces mouvements offen-sifs obligea les Impériaux de faire rétrograderde plus en plus leur flanc gauche , et d’aban-donner même le village de Markt-Grafen-Neu-siedel. Tandis que les Français soutenaient leurmouvement de conversion par un combat defront contre les troupes placées au-dessous deMarkt-Grafen-Neusiedel, Napoléon préparaitune attaque définitive contre le flanc même deses ennemis.

La masse offensive était composée de six co-lonnes d’infanterie, disposées en échiquier,ayant de l’artillerie devant et dans les inter-valles, ainsi que des nuées de tirailleurs. Lacavalerie autrichienne, apercevant cette masseoffensive, tombe dessus à bride abattue; maisle choc ne réussit pas; la cavalerie impérialerétrograde, et les Français poursuivent leurmouvement offensif. Le premier assaut est ce-pendant repoussé; mais loin de se laisser dé-courager, ils reviennent à la charge, tandis quel’infanterie de la seconde ligne, en faisant unà-droite en bataille, se prolonge et se déploiesur la droite de la masse attaquante qui renou-velle son assaut, dont le succès fut aussi peufavorable que le premier. Le troisième fut plusopiniâtre et plus décisif : les Impériaux sontenfoncés; les troupes françaises, qui avaientdébouché de Glinzendorf, soutiennent ce suc-cès, et, conjointement avec les troupes dumaréchal Davoust, achèvent la décision de lavictoire.

Cetexemple, tiré d’une des plus fameuses etdes plus meurtrières batailles des temps mo-dernes, sera suffisant pour nous convaincre quel’infanterie, soutenue par de l’artillerie, formeune combinaison d’action qui suffit pour nousaccorder toujours les résultats les plus avan-tageux, et pour pouvoir aussi décider de lavictoire.

Le rapport qui existe entre ces deux armesest donc intime, et la liaison de leur action doitêtre inséparable; car, abandonnées chacune àleur propre force impulsive, l’artillerie ennemie