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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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AYANT-PROPOS

Ce serait peut-être s’exposer au ridicule qued’écrire sur l’art de la guerre, à une époqueoù le monde jouit d’une paix si parfaite et sidurable, et de méditer sur le gain des batailleslorsque l’Europe ne veut pas en livrer. Maistelle est la fatalité qui obsède l’imagination dumilitaire. Veut-il jouir de son passé? ses plusbeaux souvenirs le ramènent aux guerres qu’ila faites; jette-t-il un regard interrogatif surson avenir? il lui semble y découvrir de nou-veaux combats. En un mot, la guerre est lecentre de gravité vers lequel ses pensées sonttoujours attirées.

Si c’est un égarement, qu’on nous le par-donne, car nous succombons, malgré nous, àune force irrésistible. Quant à moi, j’allègueune raison plus convaincante encore pour monabsolution, et celle-ci me paraît irréfragable, jL’état d’une paix perpétuelle, ce rêve de l’hon-nête homme, ne peut se réaliser que jusqu’àun certain point; il est donc juste d’utiliserles jours de repos pour préparer son esprit à laguerre. Le moment viendra où il faudra choisirentre la victoire et la défaite; ici, le choixn’est pas douteux, car c’est une philanthropiebien dangereuse que de se laisser battre.

Le perfectionnement des sciences est le fruitde la méditation et de l’expérience. Le livreest le représentant de la pensée qui, aprèss’être recueillie, se résume et prononce laconséquence. J’ai reporté dans la solitude ducabinet ce que je n’avais aperçu que dans letumulte des combats, et c’est là que l’organeintellectuel, secondé par des faits qui portaientà mes yeux le caractère inviolable de la vérité,chercha à fixer le vague qui plane encore surplusieurs épisodes du mécanisme des batailles.Cette thèse, où les préceptes de la science sechoquent si souvent avec les facultés moralesde l’homme, qui se modifient et perdent deleur réalité, sera toujours l’écueil où se brise-ront les efforts de ceux qui voudront en épuisertous les incidents. Mais, s’il n’appartient pasencore à notre époque d’en fixer tous les élé-ments, remplissons du moins la tâche qui nesurpassera ni nos forces intellectuelles, ninotre expérience , et cherchons à léguer à nosdescendants ceux des principes que nous arra-cherons au doute , et que nos travaux assidus! auront épurés et rendus positifs.

| En publiant ce Mémoire, mon projet estj d’ajouter à tous les préceptes que j’ai relaies