SUR LA CAMPAGNE DE 1800.
391
siaste : je m’attacherai, par la suite, à ledémontrer.
Le 12 mai, Bonaparte se mit en marche deGenève vers Lausanne : c’est là qu’il passa enrevue une partie de l’armée de réserve. Jeremarque, comme un article qui ne peut êtreindifférent à un militaire (pii étudie son mé-tier jusque dans les moindres détails, qu’onenvoya de Grenoble une grande quantité debiscuit pour l’armée. Les Français se conten-tent de celte nourriture, dans l’occasion:pourquoi ne l’a-t-on jamais essayée dans nosarmées allemandes? Le soldat, qui ne peutporter communément de pain que pour troisjours, pourrait se charger de biscuit pour neuf.Au lieu d’un approvisionnement de pain poursix jours', les fourgons pourraient prendre dubiscuit pour un mois ou peut-être plus. Quellesnouvelles, quelles étonnantes facultés n’en re-tirerait pas une armée, pour effectuer des mar-ches, des mouvements, trop souvent entravéspar la difficulté des convois, dont le besoinest sans cesse renaissant! Les frais, l’embarrasd’une boulangerie de campagne, n’existeraientplus, puisque le biscuit, ayant l’avantage dese conserver, se trouverait tout préparé dansles magasins.
De Lausanne, le général Bonaparte fît avan-cer aussitôt l’armée de réserve vers les fron-tières d’Italie. Les troupes qui avaient quittéDijon les dernières, formaient l’arrière-garde;et il resta dans cette ville quelques générauxpour présider à l’organisation des conscrits,à mesure qu’ils y arrivaient, et les envoyerrejoindre l’armée.
Nous laissons celte armée aux pieds des Al-pes, pour nous occuper de ce qui n’occupaitque trop les Autrichiens à celte époque : leursopérations dans le pays de Gênes.
Le général Mêlas avait abandonné au géné-ral Otto le commandement du corps de blocusdevant Gênes, et, avec le reste des troupes, ilse mit en marche sur Vado, alin d’agir deconcert avec le général Elsnitz, et de rejeterle général Suchet sur Nice. Celui-ci, par là,se serait vu dans l’impuissance absolue de por-ter le moindre secours à Gènes ou à Savone.Les Autrichiens avaient déjà ouvert une bat-terie contre la citadelle de cette dernière place.
Le 26 avril ( 6 floréal ), les Français aban-donnèrent San-Giovanni di Marialto, et se reti-
rèrent jusque derrière Calessano. Alors 2 bri-gades autrichiennes trouvèrent la facilité des’avancer jusque sur le mont Maglia, et de seréunir au corps d’Elsnitz , qui était à San-Gia-como. Le général Gorrup occupa le mont San-Giovanni.
Par l’approche des renforts qu’amenait legénéral Mêlas, les Français furent contraintsde lever en hâte le blocus du château de Fi-nale. Le général Lattermann s’empara de l’ex-cellente position de la Capra Zoppa, après queles Français eurent évacué aussi les ouvragesde Saint-Pantalon.
Le général Gorrup, en débouchant par lesdéfilés de C.éva , prenait les Français à revers.En conséquence, ils quittèrent aussi la positionde Selle Pani et de Torre di Melagno, et se re-tirèrent entre Capo San to-Spirito et les hauteursde Zuccarello.
Le général Elsnitz s’avança, alors, en deuxcolonnes, pour occuper les postes que venaitd’abandonner l’ennemi, et se mettre en jonc-tion avec le général Lattermann par CapraZoppa. En même temps, le général Gorrup,avec une troisième colonne, se porta surSanto-Bernardo, et rendit extrêmement difficile laretraite des Français, rejetés au delà de Bardi-nelto.
On ne peut refuser de légitimes éloges àcette habile manœuvre des Impériaux. Pourl’observateur, qui ne s’attache qu’à la chosemême, afin d’enfaire la base de ses jugements,il importerait peu de savoir quel en fut l’au-teur; mais on se rappellera que la voix pu-blique en fit honneur au général Zach, chefde l’état-major.
Ces mouvements démontrent l’excellence detoute entreprise sur le flanc ou à dos de l’en-nemi, de plus, que celui qui est maître de lamontagne le sera bientôt de la vallée. Il étaitabsolument impossible que les Français semaintinssent en possession de la rivière deGènes, tant que les Autrichiens étaient maîtresdes montagnes et des places fortes du Piémont,et se servaient de cet immense avantage pouragir offensivement.
C’est d’après cette considération que Bona-parte, en 1796 (an iv ), n’entreprit sa bril-lante campagne qu'après s’ètre assuré de toutle Piémont. La rivière de Gènes doit être con-sidérée comme une vallée étroite, entre la