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HISTOIRE
dicieusement qu’un homme' peut passer où apassé une chèvre, et qu’un corps peut passeroù a passé un homme. Nous en trouvons dansl’antiquité de grands exemples ( 1 ). D’ailleurs,il n’existe point de carte assez parfaite pourvous donner une connaissance exacte de tousles défilés, de tous les sentiers par lesquels onpeut venir à vous. 11 faut absolument recon-naître soi-même la chaîne des montagnes ; ilfaut, de plus, s’affider des gens du pays quipuissent servir de guides et d’éclaireurs.
Je regarde donc la manœuvre des Françaispour tourner le Col-de-Tende, comme un mo-dèle à suivre en pareil cas, et la conduite im-prévoyante des Autrichiens, au contraire,comme un exemple à éviter.
Maîtres du Col-de-Tende, qui couvrait lesderrières de leur armée; les Français devaientavoir pour objet principal de se porter le plusrapidement possible sur Gènes, réduite auxabois. C’est ce qu’ils firent effectivement; nousvoyons leur quartier général transféré, le 3juin, de San-Remo à Port-Maurice.
La famine, longtemps soufferte dans toutesces horreurs, contraignit enfin Masséna à ren-dre Gènes, le 4. Quelques jours plus tard, lesAutrichiens, alarmés par les progrès de l’ar-mée du premier consul, eussent été obligésde lever le blocus. Il est à remarquer, en effet,que presqu’au même instant qu’ils entraientdans Gènes, ils évacuaient Vinlimille et Sa-vone, qui furent immédiatement occupés parles Français.
Le général Otto marcha en toute hâte versVoghera, avec le corps qui avait servi au blo-cus. 11 y essuya un échec assez grave; maisceci appartient aux opérations de l’armée deréserve, sur lesquelles il ne convient pasd’anticiper.
La possession de Gènes était, sans doute,d’une extrême importance ; mais on ne conçoitpas pourquoi les Autrichiens n’en confièrentpoint la garde aux Anglais, qui la sollicitaientinstamment. La jalousie peut seule expliquercelte conduite ; c’est le vice radical et destruc-teur de toute coalition. Assurément, l’Angle-
(s) Le plus mémorable est celui des Thermopyles,l’an 480 avant l’ère vulgaire. Léonidas, avec ses Spar-tiates, croyait, dans cet étroit passage, pouvoir bravertous les efforts de l’armée de Xerxès. lin pâtre indiqua
terre, dirigée dans toutes ses démarches parun esprit d’ambition insatiable, aurait cherchétous les moyens d’abuser de cet avantage;mais les Autrichiens ne devaient négliger au-cuns de ceux qui pouvaient contribuer à leursalut. Les troupes qu’ils laissèrent dans Gènesauraient renforcé Mêlas, ou se seraient oppo-sées au général Suchet.
Les opérations dans la Ligurie pouvant êtreconsidérées comme terminées ici, nous passe-rons au récit de la courte , mais merveilleusecampagne de l’armée de Bonaparte ,- que nousavons laissée au p.icd des Alpes.
Le 16 mai, elle commença l’exécution duvaste plan du consul. G’est ce jour que l'avant-garde passa le Saint-Bernard. Cette montagneprésentait, tant par sa hauteur et soii énormemasse, que par les neiges dont elle est cou-verte, un obstacle presque insurmontable. Legénie du chef, l’arueur des soldats, cette ini-maginable activité qui n’appartient qu’auxFrançais, triomphèrent de tout. L’histoire nedédaignera pas de conserver les plus légersdétails de ce passage, qui fera oublier celuid’Annibal. Il n’est qu’un mot à dire pour enfaire sentir l’énorme différence : le héros car-thaginois n’avait, point d’artillerie. Voici lesmoyens qu’employa Bonaparte pour le transportde la sienne.
On creusa des arbres en forme d’auge; lescanons et les obusiers y étaient introduits :100 hommes, attelés à un cable, passèrentainsi les arbres et les pièces en deux joars. Onfit également usage d’un autre expédient ;c’étaient des traîneaux à rouleaux qui avaientété construits à Auxonne : les affûts étaientportés par pièces détachées, excepté ceux descanons de 4, que 10 hommes portaient sur unbrancard. On fut obligé de décharger hs cais-sons, et de diviser les munitions par caisses,dont on chargea des hommes ou des müels.
Le 16 pareillement, la division Chabranpassa le petit Saint-Bernard : son avani-girdeparut tout à coup devant Aoste; La girrison• autrichienne se rangea sur les hauteirs enavant de cette ville. Un bataillon français eut
aux Perses un sentier du mont Anopée, par l-qiel onpouvait tourner tes Grecs : Léonidas, envelopjé.s’im-mortalisa par des prodiges de valeur, mais Xirxis pé-nétra dans la Phocide. ( Noie du Tradwtevr.)