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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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PRÉCIS

heures : il y passa le Danube, et campa sous lecanon de la place.

Starray arrivait, dans le même temps, àBlaubeuren, et lit ensuite sa jonction à Sœflin-gen, avec le général en chef.

Dix-neuf jours seulement s’étaient écoulésdepuis le commencement des hostilités, etdéjà l’armée de l’Empereur, celle armée sinombreuse, si formidable, éprouvait tous lesmaux, résultat d’une longue campagne : sixmarches forcées, sept nuits sans sommeil,quatre combats sanglants, la perle de presquetous ses magasins, l’avaient accablée de souf-frances de tout genre. Elle était diminuée de12,000hommes au moins, morts, prisonniersou égarés. Trente lieues du pays étaient aban-données aux Français.

La vérité historique fait un devoir à toutécrivain impartial de remarquer, que la con-duite du général Starray et celle du prince deReuss contribuèrent singulièrement à tant dedésastres. Plus de 30,000 hommes, qu’ilsavaient sous leurs ordres, furent tenus par euxdans une inactivité totale.

Le premier ne cessait de parcourir en toussens le Rheinthal et le duché de Wurtemberg,ne s’approchant jamais de l’ennemi, et faisantun mouvement rétrograde à la nouvelle duplus léger échec.

Quant au prince de Reuss, il resta immobiledans ses positions, sur les frontières du Vorarl-berg et des Grisons, et quelque instants quefussent les ordres du général Kray, il refusaconstamment de faire sa jonction avec lui, oude le dégager par une diversion, ce qui eûtmieux valu encore.

La grande armée vinldonccamper sousLTm,c’est-à-dire, derrière le Blaulhal et le Lauter-thal, sur les hauteurs de Jungingen, Loehr,Elchingen et le mont Saint-Michel.

Les avant-gardes étaient postées au delà desruisseaux de Blau et de Lauter, derrière Er-bacli et Blaubeuren.

Un corps de flanc fut établi à Guntzbourg,pour couvrir les chemins d’Augsbourg et deDonawerth.

L’armée française s’était avancée, par sadroite, les 11, 12 et 13, jusqu’à Kempten et larivière d’Aach, entre Memmingen et Groenen-bach. Son centre poussa des détachements jus-qu’à Laupheim, Ulereicheim, Balzheim, Bran-

denbourg et le haut et bas Kirchberg. L’ailegauche resta dans sa position de Steusslingen.

Ce fut, le 12 mai, que le général Moreau dé-tacha de son armée un corps considérable, quipassa les Alpes, et fit partie de la grande expé-dition de Bonaparte en Italie.

Cette marche soudaine des Autrichiens versUlm, parut avoir été si peu prévue par le gé-néral Moreau , qu’il manœuvra les jours sui-vants, c’est-à-dire, le 14 et le 15, comme s’iln’en avait point connaissance.

Mais, le 16, il fit des dispositions toutes nou-velles. Le corps du général Sainte-Suzanne setrouvait seul faisant tête à l’armée autrichienne ;il était sans appui, et même sans communica-tion avec le centre. Le général Moreau la réta-blit, en faisant avancer une partie de ses forcesentre l’Iller et le Danube.

Alors, il porta successivement son arméesur la rive gauche du Danube : le 20, il avaitdéjà concentré le gros de ses troupes dans lespositions de Blaubeuren et de Hauenstein; et,par là, l’armée impériale se vit menacée d’uneattaque générale.

Mais une victoire ne pouvait avoir d’autressuites, pour les Français, que de resserrer leurennemi sous le canon d’Ulm; tandis qu’une dé-faite les aurait infailliblement exposés aux plusterribles désastres.

En conséquence, Moreau, la nuit suivante,ramena son armée sur la rive droite du Da-nube, dans ses positions sur Flller et la Guntzsupérieure.

A l’approche de l’ennemi, le général Krayavait déjà pris la résolution de se replier jus-que sur la Mindel, à Burgau, et même derrièrele Lech, suivant les circonstances. Un campde repos était déjà préparé à Günzbourg: maisl'armée ne parut point.

Les Français s’étaient postés de manière àentretenir la communication la plus directeavecSchafThouse ; ils menaçaient presque toutescelles des Autrichiens avec Ulm, et occu-paient les principaux chemins qui conduisentdu Vorarlberg sur le Lech, et nolammeut àAugsbourg. Ils ôtaient donc à Kray tout espoirde réunir le prince de Reuss à lui : enfin,toute la Souabe supérieure était en leur pou-voir.

Le poste de Günlzbourg étant de la plushaute importance pour les Impériaux, conme