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Tome premier.
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Ce qui souvent manque à mes vers,

Le mérite de l’art soumis à la nature ;

Empire de Pomone et de Flore sa sœur,Recevez votre possesseur ;

Qu’il soit, ainsi que vous, solitaire et tranquille.Je ne me vante point d’avoir en cet asileRencontré le parfait bonheur ;

Il n’est point retiré dans le fond d’un bocage ;

Il est encor moins chez les rois ;

Il n’est pas môme chez le sage :

De cette courte vie il n’est point le partage ;

Il y faut renoncer, mais on peut quelquefoisEmbrasser au moins son image.

Que tout plaît en ces lieux à mes sens étonnés !

D’un tranquille océan (i) l’eau pure et transparenteBaigne les bords fleuris de ces champs fortunés ;D’innombrables coteaux ces champs sont couronnés ;Bacchus les embellit : leur insensible penteVous conduit par degrés à ces monts sourcilleux (2)Qui pressent les enfers et qui fendent les cieux.

Le voilà ce théâtre et de neige et de gloire,

Eternel boulevart qui n’a point garantiDes Lombards le beau territoire.

Voilà ces monts affreux, célébrés dans l’histoire,

Ces monts qu’ont traversés, par un vol si hardi,

Les Charles, les Othon, Catinat et ContiSur les ailes de la Victoire.

(1) Le lac de Genève.

(2) Les Alpes.