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Tome premier.
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un port rival de Genève. Des travaux considérablesfurent entrepris, sous le ministère du duc de Choi-seul, pour l’agrandissement de ce village ; mais ilsn’ont abouti qu’à faire dépenser beaucoup d’argentà la France, sans aucun fruit pour elle (i). Il paraîtque notre gouvernement, en renonçant à son pro-jet d’embellir et de fortifier Yersoix, ne fit que cé-der aux représentations de Berne et de Genève :ces deux cantons, alarmés de voir s’élever à leursportes une ville qui menaçait de leur être redou-table non seulement par ses manufactures et soncommerce, mais encore par ses fortifications et sesmoyens de défense, protestèrent avec énergie con-tre les intentions du gouvernement français ; ets’appuyant sur le traité de Lyon (de 1601), quiproscrivait toute espèce de fort dans le pays deGex, ils parvinrent à faire désister Louis XV deson entreprise, qui avait causé une grande fer-mentation à Genève et à Berne. Voltaire avait étél’un des plus zélés partisans de la fondation de

(i) Le port seul, qui n’est pas achevé, a coûté plus d’unmillion. Si les ingénieurs eussent pu exécuter entièrement leplan de Versoix, ils en auraient fait une ville magnifique. Onavait construit une espèce de frégate pour la navigation dulac ; mais elle se trouva si grande, que l’on ne put s’en servir.