La quête fut nombreuse : tout le monde s’ém-pressait de déposer son offrande dans le petit c offrequ’on nous tendait au bout d’un long bâton. Lesfrais du culte sont à la charge seule de ceux qui leprofessent. Le prêtre a la faculté' de dire la messetous les jours dans la chapelle Saint-Etienne;mais il ne pourrait sans imprudence diriger, dansses discours, aucune attaque contre les religionssépare'es de l’Eglise romaine : il serait peut-être
« Qu’est-ce qui constitue le culte dans une religion quel-« conque? c’est le sacrifice. Une religion qui n’a pas de sa-« crifice n’a pas de culte proprement dit. Celte vérité est«incontestable, puisque, chez les divers peuples de la« terre, les cérémonies religieuses sont nées du sacrifice, et« que ce n’est pas le sacrifice qui est sorti des cérémonies« religieuses. D’où il faut conclure que le seul peuple chré-« tien qui ait un culte est celui qui conserve une immola-« tion.
« Le principe étant reconnu, on s’attachera peut-être à« combattre la forme. Si l’objection se réduit à ces termes,« il n’est pas difficile de prouver que la messe est le plus« BEAU, LE PLUS MYSTÉRIEUX ET LE PLUS DIVIN DES SACUI-« FICES. » ( Génie du Christianisme, tome III, chap. V, pages157 et i 58 , édition de 1827, in-8°.)
Je cite avec d’autant plus de plaisir ce morceau de jVI. deChateaubriand, que l'illustre écrivain, pendant son séjourà Lausanne, a pu être lui-même témoin de ce que je ra-conte au sujet de ia chapelle des trois cultes .