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Tome premier.
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cloches en mouvement, et dont l’agréable caril-lon me faisait imaginer que j’étais alors dans quel-que ville d’Espagne ou d’Italie. Les rues, les placeset les promenades se trouvaient désertes tout letemps de l’office, et l’on eût dit que la peste venaitde ravager la ville entière. Frappé de ce singulierspectacle, j’errais en curieux dans les divers quar-tiers de Lausanne, et surtout près des églises; maisje ne rencontrais sur mes pas que des agens depolice dont le regard sévère forçait de baisser lesyeux, et qui semblaient vouloir me dire : Que faites-vous là? Allez au prêche. J'aurais pu néanmoinsleur répondre avec assurance, et sans mentir : Jesuis catholique, j’ai entendu la messe. Les magasins,les bureaux, les cafés, les boutiques mêmes de bou-langers, tout se trouvait fermé durant le service di-vin. Et malheur à quiconque se serait permis devendre ou d’étaler sa marchandise, et même d en-trouvrir son magasin! un procès-verbal, suivi d’uneamende pécuniaire plus ou moins forte, eût été lajuste punition de sa désobéissance à la loi (i).

(i) Les pharmacies seules sont exceptées de ta mesure gé-nérale. Les magasins et les cafés peuvent, toutefois, ouvriravant et après l’office : l’autorité ne s’y oppose point ; maisles pasteurs sévères lui reprochent à cet égard un peu trop