trouvait alors, et le besoin de se cre'er des ressour-ces, lui firent imaginer cet étrange moyen de sub-sistance. Son projet lui parut merveilleux, et il tentade le mettre à exécution. Afin d’inspirer plus deconfiance en son prétendu talent, il annonça qu’ilétait de Paris, où il n avait jamais été, et se fit appe-ler M. Vaussore de Villeneuve (i). Les détails qu’ildonne sur le brillant concert dont il fut à la fois l’in-venteur et le chef, dans la capitale du pays deVaud,sont aussi curieux que plaisans. Il est hors de douteque 1 on ne sera point fâché de les voir dans ma re-lation historique de la ville de Lausanne. J’épargne-rai, du reste, aux lecteurs honnêtes le dégoût de lesaller chercher dans un ouvrage dont trop de pein-tures cyniques rendent la lecture repoussante.
« Ayant été présenté (dit Rousseau) à M. deTrey-« torens, professeur en droit, qui aimait la musique« et faisait des concerts chez lui, je voulus lui don-« ner un échantillon de mon talent, et je me mis à« composer une pièce pour son concert aussi ef-« frontément que si j avais su comment m’yprendre.« J’eus la constance de travailler pendant quinze« jours à ce bel ouvrage, de le mettre au net, d’en
(i) Le nom de Vaussore est l’anagramme de celui deRousseau .