ce serait donc peine inutile que de les chercher etde courir la montagne pour les voir, comme fontbeaucoup de voyageurs trompés par de faux rensei-gnemens. Du reste Clarens ne répond guère auxbelles descriptions du philosophe , dont l’imagina-tion bouillante enfanta bien des choses qui n exis-tèrent jamais. Je remarquai seulement quelques jo-lies maisons avec des jardins assez agréables. Lesenvirons sont très-pittoresques; mais il en est demême de tous les villages qui bordent le lac de Ge-nève. M. le doyen Bridel, dont je parlerai bientôt,me disait que tout ce que Rousseau avait écrit surles sites de Clarens était faux, absolument faux. Lesdescriptions de l’auteur sont ravissantes et pleinesde charmes, ajoutait-il; mais que l’on se garde biende les croire exactes et conformes à la vérité! Il estd’ailleurs reconnu aujourd’hui que Jean-Jacquesn’est venu qu’une seule fois à Clarens, en faisantla route de Villeneuve à Vevey à son retour de l’I-talie (i). La première observation de M. Brideln’est point contredite par le langage de Rousseau,
(i) J.-J. Rousseau a fait plusieurs fois le voyage deVevey, comme il l’annonce lui-même. Il est donc probablequ’il est venu plus d’une fois à Clarens, où il passa en 1744en revenant de Venise.