l’anneau de fer auquel il était enchaîné : il est fixé àl’un des sept piliers qui soutiennent la voûte de cetimmense cachot. On me fit remarquer encore latrace des pas de Bonnivard, empreinte sur le solmême du roc vif : ce malheureux avait pris l’habi-tude de se promener à chaque instant durant lecours de sa longue captivité ; et à force de marcherdans un espace étroit qu’il ne pouvait franchir, ilavait usé les pierres qui servent de pavé au souter-rain. Un grand nombre de voyageurs ont inscrit ougravé leurs noms sur le pilier de Bonnivard et surceux qui l’avoisinent ; je vis entre autres celui delord Byron, qui dans un de ses poèmes salue cetteprison comme un lieu sacré (a holy place') :
Chillon ! tliy prison is a holy place,
And thy sad floor an altar. For’t was trod,
Until his very steps hâve left a traceWorn, as if thy cold pavement were a sod,
By Bonnivard! May none those marks efface!
For they appeal from tyranny to God (i).
( « O Chillon ! ta prison est un lieu sacré, et ton triste« pavé un autel ; car il a conservé la trace des pas de Bon-« nivard, comme si tes froides pierres étaient un léger« gazon ! Que ces traces demeurent ineffaçables : elles en« appellent à Dieu de la tyrannie des hommes. ») •
’) The prisoner of Chillon (le Prisonnier de Chillon). Ce. petitpoème fait partie des Œuvres complètes de lord Byron.