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assez tristement jusqu’à Villeneuve, où j’arrivai aubout de quinze ou vingt minutes.
Cette ville, située à deux lieues et demie de Ve-vey, est à l’extrémité la plus orientale du lac de Ge-nève. On a trouvé dans ses environs plusieurs restesd’antiquités romaines, tels que des fragmens depavés à la mosaïque, des monnaies et des médaillesdu second et du troisième siècle. En t8i5, on ydécouvrit encore des tombeaux antiques renfer-mant des squelettes humains avec de petites fioleslacrymatoires. Toutes ces traces de la magnifi-cence romaine ont fait croire que le Pennelocus,indiqué dans l’Itinéraire d’Antonin, était situé àl’endroit même où existe Villeneuve, si ce n’est àpeu de distance de ses murs. L’ancienne ville au-rait été détruite par l’inondation affreuse que causala chute de la montagne de Tauretune, en 563.Cette avalanche terrible fit refluer les eaux du lacsur ses deux rives, comme je l’ai annoncé en par-lant de Lousonium, et répandit la consternationdans toute la contrée, par rapport aux malheurs quien furent la suite. L’éboulement de la montagne deTauretune est peut-être le plus effroyable dont l’his-toire ait conservé le souvenir. En effet les eaux dulac, chassées dans tous les sens par cette chute