383
dame d’une naissance illustre, favorise'e des grâcesde la nature et enrichie des biens de la fortune, etqui, peu de temps auparavant, faisait les de'lices desa patrie, s’arracher du sein de l’abondance et desplaisirs, pour venir déposer au pied de la croix duChrist l’éclat et les voluptés du monde, et y renon-cer pour jamais. M. de Bernex fit à ce sujet un dis-cours très-touchant et très-pathétique : l’ardeur deson zèle lui prêta ce jour-là de nouvelles forces ;toute cette nombreuse assemblée fondit en larmes ;et les dames, baignées de pleurs, vinrent embrasserM me de Warens, la féliciter, et rendre grâces àDieu avec elle de la victoire qu’il lui faisait rem-porter (i). »
Yeut-on connaître une partie des éloges que
(i) Cette notice sur la conversion de M”" 5 de Warensest extraite fidèlement d’un Mémoire authentique de J.-J.Rousseau, adressé, le 19 avril 174.2, au P. Boudet, quitravaillait alors à la Vie de M. de Bernex, évêque de Genève,imprimée à Paris en deux parties in-12. Il est très-impor-tant de remarquer la date de ce Mémoire, à cause de l’es-prit religieux dans lequel il a été écrit : quand Rousseau lecomposa, il était non seulement sincèrement catholique ,comme il le dit lui-même, mais encore pur de toute liai-son avec les clubs philosophiques de la capitale.
Voyez la note (L) à la fin du volume^