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Tome premier.
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« fait de briser le moule dans lequel elle m a jeté,« c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu.

« Que la trompette du jugement dernier sonne« quand elle voudra, je viendrai ce livre à la main« me présenter devant le souverain Juge. Je dirai« hautement : Voilà ce que j’ai fait, ce que j’ai pensé,« ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la« même franchise. Je n’ai rien tu de mauvais, rien« ajouté de bon ; et s’il m’est arrivé d’employer«quelque ornement indifférent, ce n’a jamais été« que pour remplir un vide occasionné par mon« défaut de mémoire. J’ai pu supposer vrai ce que« je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais« être faux. Je me suis montré tel que je fus : mé-« prisable et vil quand je l’ai été; bon, généreux,« sublime, quand je l’ai été : j’ai dévoilé mon in-« térieur tel que tu l’as vu toi - même, Etre éter-« nel. Rassemble autour de moi l’innombrable foule« de mes semblables : qu’ils écoutent mes confes-« sions, qu’ils gémissent de mes indignités, qu’ils« rougissent de mes misères (i). Que chacun d'eux

(i) Il y a dans le manuscrit de Paris : Qu’ils rougissentde mes indignités, qu’ils gémissent de mes misères. Ces mois :(Ju’i/s rougissent de mes indignités ont été ajoutés , par l’au-teur, dans la marge intérieure du volume.