vilîr encore en craignant de le porter ; mais le Ge-nevois le méprisé même en le rendant estimable,et il a plus de tort encore de ne pas honorer sonpays de son propre me'rite.
« Quelque avide qu’il puisse être, on ne le voitguère aller (i) à la fortune par des moyens serviles etbas ; il n’aime point s’attacher ( 2 ) aux grands et ramperdans les cours. L’esclavage personnel ne lui est pasmoins odieux que l’esclavage civil. Flexible et liantcomme Alcibiade, il supporte aussi peu la servitude;et quand il se plie aux usages des autres, il les imitesans s’y assujettir. Le commerce e'tant de tous lesmoyens de s’enrichir le plus compatible avec la li-berté’, est aussi celui que les Genevois préfèrent. Ilssont presque tous marchands ou banquiers ; et cegrand objet de leurs de'sirs leur fait souvent (3) en-fouir de rares talens que leur prodigua la nature.
Ils ont du ge'nie et du courage ; ils sont vifs et pe'ne'-trans; il n’y a rien d’honnête et de grand au-dessusde leur porte'e : mais plus passionne's d’argent (4) que
(1) On ne le voit POINT aller..,.. ( Var. de l’autographe.)
(2) On le voit rarement s’attacher. _ (Var. de l’auto-
graphe.)
(3) Le mot souvent n’esl point dans l’autographe.
(4) Mais plus avides d’argent . (Var. de l’autographe.)