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Tome premier.
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Les successeurs de Conrad, occupe's d’affaires im-portantes dans leurs démêles avec d’autres peuples,négligèrent d’avoir les yeux sur Genève, qui secouainsensiblement le joug, et devint une ville impé-riale ayant son prélat pour maître ou seigneur.

Les évêques eurent bientôt la plus grande partiede l’autorité; au commencement du onzième siècle,ils étaient souverains temporels de la république:ce qui subsista jusqu’à l’époque de la Réformation.Leur pouvoir était si étendu, qu’ils avaient le droitde faire battre monnaie et celui de faire grâce auxcriminels; mais le régime de ces prélats était ungouvernement paternel, et leurs droits se trouvaientlimités par ceux des citoyens, dont ils avaient juréde maintenir les privilèges. Un conseil-général,convoqué par quatre syndics ou procureurs, défen-dait les intérêts du peuple ; c’est là que se réunis-saient les chefs de famille pour délibérer sur lesaffaires de l’Etat (i). Ainsi le pouvoir était partagéentre l’évêque et les habitans de la ville. «Ne crai-

(1) Vers le milieu du quinzième siècle, les membres dece conseil recevaient à chaque séance, pour traitement, unsou et un verre de vin de Malvoisie. La valeur intrinsèque dusou de cette époque était de soixante et quinze centimes,ou de un franc au plus, comparé à notre monnaie actuelle.