DISCOURS
XXIJ
qu’avec des faits on a si souvent égaré l’autoritépublique. La connaissance des faits, sans la con-naissance des rapports qui les lient, n’est que lesavoir non digéré d’un commis de bureau; etencore le commis de bureau le plus instruit, neconnaît guère complètement qu’une série de faits,ce qui ne lui permet d’envisager les questionsque d’un seul côté.
C’est une opposition bien vaine que celle dela théorie et de la pratique ! Qu’est-ce donc quela théorie , sinon la connaissance des lois quilient les effets aux causes, c’est-à-dire, des faitsà des faits ? Qui est-ce qui connaît mieux lesfaits que le théoricien qui les connaît sous toutesleurs faces , et qui sait les rapports qu’ils ontentre eux ? Et qu’est-ce que la pratique (i) sansla théorie, c’est-à-dire, l’emploi des moyens sans
exposé de 18 x 3 , à une époque de désastre, où le com-merce était ruiné et les ressources, en tout genre, dansun déclin rapide , se vante d’avoir prouvé, par des chif-fres , que la France était dans un état de prospérité supé-rieur à tout ce qu’elle avait éprouvé jusque-là.
(i) Par le mot pratique, je n’entends pas ici l’habitudemanuelle qui permet de faire plus aisément et mieux cequ’on fait tous les jours ; c’est le talent d’un ouvrier ,d’un scribe ; j’entends la méthode que suit celui qui di-rige , qu’il soit administrateur de la chose publique oud’une chose particulière.