42 LIVRE I, CHAPITRE 6.
voiturier travaillent mécaniquement à cette pro-duction.
Que si l’on considère l’indigo seulement commeune des matières premières d’un autre produit, d’undrap bleu, on s’aperçoit que le chimiste fait connaîtrela nature de cette substance , la manière de la dissou-dre, les mordans qui la font prendre sur la laine. Lemanufacturier rassemble les moyens d’opérer cetteteinture, et l’ouvrier suit ses ordres.
Partout l’industrie se compose de la théorie , del’application, de l’exécution. Ce n’est qu’autant qu’unenation excelle dans ces trois genres d’opérations ,qu’elle est parfaitement industrieuse. Si elle est inha-bile dans l’une ou dans l’autre , elle ne peut se pro-curer des produits qui sont tous le résultat de toutesles trois. Dès-lors on aperçoit l’utilité des sciences qui,au premier coup-d’ceil, ne paraissent destinées qu’àsatisfaire une vaine curiosité (i).
Les nègres de la côte d’Afrique ont beaucoupd’adresse : ils réussissent dans tous les exercices ducorps et dans le travail des mains ; mais ils paraissent
( 1 ) Les lumières ne sont pas seulement indispensables ausuccès de l’industrie, par les secours directs qu’elles lui prê-tent ; elles lui sont encore favorables , en diminuant l’em-pire des préjugés. Elles enseignent à l’homme à compterplus sur ses propres efforts que sur les secours d’un pou-voir surhumain. L’ignorance est attachée à la routine, enne-mie de tout perfectionnement ; elle attribue à une cause sur-