l5a LIVRE I, CHAPITRE 15.
La première conséquence qu’on peut tirer de cetteimportante vérité, c’est que, dans tout état, plus lesproducteurs sent nombreux et les productions multi-pliées , et plus les débouchés sont faciles, variés etvastes, et, par une suite toute naturelle, plus ils sontlucratifs, car la demande élève les prix. Mais cet avan-tage n’est le fruit que d’une production véritable etnon d’une circulation forcée , car une valeur acquisene double pas en passant d’une main dans une autre,ni lorsqu’elle est levée et dépensée par le gouverne-înent, au lieu de l’être par les particuliers ; l’hommequi vit sur les productions des autres, ne multiplie pasles débouchés \ il se substitue au producteur, et c’est,comme on le verra ailleurs, au grand détriment de laproduction (i).
Une seconde conséquence du même principe, c’estque chacun est intéressé à la prospérité de tous, et
dépense , puisque ses capitaux ne sont eux-mêmes que desproduits , à la vérité réservés pour une cqnsommation repro-ductive , mais trèsrsusceptibles d’être dépensés improducti-vement , comme ils le sont toutes les fois qu’au les dissipe.
(1) Lorsqu’on divise une nation en producteurs et en con-sommateurs , on fait la plus sotte des distinctions. Tout lemonde , sans exception , consomme. A très-peu d’exceptionsprès, tout le monde produit du plus au moins , et il serait àdésirer qu’on produisit encore plus généralement et plus acti-vement ; alors on dépenserait moins souvent le fruit des tra-vaux des autres , qui auraient eux-mêmes plus à consommer.