174 LIVRE I, CHAPITRE I 7 .
fournit en différens climats une foule de matières dontles propriétés variées s’accommodent à nos diversbesoins. Chaque fois que nous parvenons à répandresur ces matières, soit par leur transport au milieude nous, soit par les préparations que nous leur fe-sons subir, une valeur qui est la mesure de leur uti-lité , nous fesons un acte utile et duquel la richessenationale reçoit quelque accroissement. Le sacrificeau prix duquel nous obtenons des étrangers cettematière première, n’a rien de plus fâcheux que le sa-crifice des avances et des consommations que nousfesons en chaque genre de production pour obtenirun nouveau produit. L’intérêt personnel est toujoursle meilleur juge de l’étendue de ce sacrifice et del’étendue du dédommagement qu’on peut s’en pro-mettre ; et quoique l’intérêt personnel se trompequelquefois, c’est, au demeurant, le juge le moinsdangereux et celui dont les jugemens coûtent lemoins (i).
(1) A chaque instant , on se sent arrêté par la nécessitéde combattre des objections qui ne seraient pas faites, si lesprincipes de l’économie politique étaient plus répandus. Ondira dans cette occasion-ci, par exemple : Nous convenonsque le sacrifice que fait un négociant pour se procurer lamatière première d’une manufacture de Un, est, pour lui, unsacrfice aussi réel que celui qu'ilfait pour se procurer la ma-tière première d’une manufacture de coton ; mais , dans lepremier cas , le montant de son sacrfice, dépensé et con-