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Tome premier.
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286 LIVRE I, CHAPITRE 1Q.

calculent; et leur remplacement fait partie des dé-penses annuelles de l’habitation, de même que le rem-placement des outils et des machines; et dans moncalcul j’en ai tenu compte, en mettant au rang desfrais d’entretien de l’esclave, l’intérêt viager de sonprix d’achat.

Si en thèse générale les affaires particulières d’unserviteur sont mieux gérées par lui-même que par sonmaître, ce principe n’est point applicable ici. Quelest le motif qui balance, dans chaque personne , lepenchant qui l’entraîne à satisfaire ses besoins et sesgoûts? C’est sans doute le soin de ménager ses res-sources. Les besoins portent à étendre la consomma-tion : l’économie tend à la réduire ; et, quand cesdeux motifs agissent dans le même individu, on con-çoit que l’un peut servir de contre-poids à l’autre.Mais entre le maître et l’esclave la balance doit néces-sairement pencher du côté de l’économie : les besoins,les désirs sont du côté du plus faible ; les raisonsd’économie sont du côté du plus fort. Écoutez lescolons des îles : ils sont unanimement d’avis que laliberté des nègres rend leur travail beaucoup moinsassidu et leurs consommations bien plus coûteuses.L’opiniâtreté seule qu’ils mettent à défendre l’escla-vage , prouve qu’il est une économie pour eux. Lescolons seraient-ils si invinciblement attachés à cetordre de choses , si l’expérience , si l’instinct ne leurdisaient pas que leurs profits diminueraient et que