DE LA PRODUCTION DES RICHESSES. 3a5
Ces inconvéniens sont en partie prévenus par unecirconstance purement accidentelle qui n’est pointentrée dans les calculs du législateur. L’hôtel desmonnaies de Londres, le seul qu’il y ait en Angleterre,est tellement surchargé d’ouyrage, qu’il ne peutrendre la monnaie fabriquée que plusieurs semaineset quelquefois plusieurs mois après qu’on lui a portél’or en lingots (i). Il en résulte que le propriétaire del’or, quand il lui confie son métal pour y être frappé,perd l’intérêt de sa somme pendant tout le temps quel’hôtel des monnaies la lui garde. Cela équivaut à unléger droit de fabrication qui élève la valeur de l’oren monnaie un peu au-dessus de celle de l’or en lin-gots. On sent que cette valeur serait exactement lamême si, à bureau ouvert, on recevait à volonté desguinées pour de l’or, poids pour poids.
Tel est l’effet de la législation anglaise à cet égard.
Dans tous les autres états de l’Europe, le gouver-nement , si je ne me trompe, se ménage un bénéficeplus que suffisant pour couvrir les frais de fabrica-
sort d’un pays , le pays ne perd pas la valeur du numéraire ;car personne n’est disposé à faire un don de son argent àl’étranger': on n’envoie une valeur que pour en recevoir uneautre équivalente ; mais le pays perd la façon du numéraire.Quand les guinées sortent d’Angleterre , l’Angleterre nereçoit en échange que la valeur du métal, et rien pour lafaçon.
(i) Smith, Richesses des Nations, Liv. I, ch. 5.