DE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES. 9
pour entretenir une bonne administration. Ce casrentre dans celui où un producteur n’aurait point deconcurrens, soit qu’il les eût écartés par la force,soit que des circonstances étrangères l’en eussent dé-barrasse. Il porterait ses produits au prix qu’il vou-drait, et même jusqu’aux bornes des facultés de sesconsommateurs, s’il joignait aux droits du monopoleceux de l’autorité. C’est à la science politique, et nonà l’economie politique, à enseigner les moyens deprévenir ce malheur.
De même, quoique ce soit 'a la science morale, àla science de l’homme moral à enseigner les moyensde s’assurer de la bonne conduite des hommes dansleurs relations mutuelles, quand l’intervention d’unepuissance surnaturelle paraît nécessaire pour parvenirà ce but, on paye les hommes qui se donnent pourles interprètes de cette puissance. Si leur travail estUtile , cette utilité est un produit immatériel qui n’estpoint sans valeur ; mais si les hommes n’en sont pasmeilleurs, leur travail n’étant point productif d’uti-lité , la portion des revenus de la société qu’elle sa-crifie pour leur entretien, est en pure perte; c est unéchange qu’on fait sans recevoir aucun retour.
Quelque attention que j’aie de me renfermer dansmon sujet, d faut nécessairement que je touche quel-quefois les confins de la politique et de la morale, nefût-ce que pour indiquer les points de contact.