22 LIVRE II, CHAPITRE 3.
de l’argent étant bornés, sa demande ne peut pas sui-vre son augmentation quand celle-ci est rapide.
La demande de l’argent est fondée sur ses usages.Ses usages, sous la forme d’ustensiles, de meubles etd’ornemens, sont d’autant plus étendus que les na-tions sont plus riches. Comme monnaie, les usages del’argent sont étendus en proportion de la quantité debiens-meubles et immeubles à faire circuler; ainsil’on employerait de même plus d’argent - monnaiedans les pays riches que dans les autres, sans quel-ques circonstances qui dérangent singulièrement cetterègle.
i°. Dans les pays riches l’activité de la circulationde l’argent et des marchandises, permet de se con-tenter d’une moins grande quantité de monnaie. Tellesomme sert à dix échanges, qui n’en aurait opéréqu’un dans un pays pauvre. La quantité des biens àfaire circuler, en s’augmentant, n’a donc pas entraînéune augmentation proportionnée dans le besoin qu’ona eu de monnaie. La circulation a été plus étendue àla vérité, mais on a fait travailler davantage l’agentde la circulation.
a°. C’est dans les pays riches que le crédit suppléeplus aisément à l’argent. Nous avons vu, dans le cha-pitre 2a du Livre précédent, comment des billets deconfiance pouvaient au besoin, sans inconvemens,remplacer une partie du numéraire d’un pays- Quandcette circonstance a lieu, l’usage de l’argent-monnaie,