DE LA. DISTRIBUTION DES RICHESSES. 01
plus, les autres moins, et que ce qu’on paye de moinsdans ce cas ne coûte rien à personne ?
Voilà pourquoi dans les temps modernes, quoiqueles salaires, compares à la valeur du blé, soient à peuprès les mêmes, de certaines classes du peuple sontnéanmoins pourvues de bien des choses dont elles nejouissaient pas il y a quatre ou cinq cents ans, commede plusieurs parties de leur vêtement et de leur ameu-blement , qui ont réellement baissé de prix ; et pour-quoi elles sont moins bien pourvues de certainesautres choses qui ont plutôt subi une hausse réelle,comme la viande de boucherie (i).
Cela s’expliquera facilement pour qui voudra con-sidérer , ainsi qu’on doit le faire, la production commeun grand échange où l'homme fait le sacrifice de ses
( i ) Je trouve dans les Recherches de Dupré de Saint-Maur, qu’en 1342 un bœuf se vendait 10 à 11 livres tour-nois. Cette somme contenait alors 7 onces d’argent fin quiavaient, à peu près la même valeur que 28 onces de nosjours. Or 28 onces exprimées en notre monnaie valent 171 fr.3 o cent, prix au-dessous de celui d’un bœuf ordinaire. Laviande de boucherie a donc renchéri depuis le 14 e siècle , etprobablement aussi la plupart des denrées alimentaires ; etsi la classe ouvrière n’avait pas en même temps acquis plusd’aisance par les progrès de l’industrie, et n’était pas en étatde donner plus de produits en échange des denrées alimen-taires , ou, en dautres termes , de les payer plus cher,elle serait moins bien nourrie que du temps de Philippe deValois.