6 0 LIVRE II, CHAPITRE 6.
de commerce bien borné auprès des simples coton-nades de Rouen.
C’est donc un mauvais calcul pour une nation dese faire marchande d’objets de luxe, et de recevoiren retour des choses d’une utilité commune. LaFranceenvoie en Allemagne des modes, des colifichets, quisont à l’usage de peu de personnes, et l’Allemagnelui fournit des rubans de fil et d’autres merceries,des limes , des faux , des pelles et pincettes, et d’au-tres quincailleries d’un usage général ; aussi sans lesvins , sans les huiles de France, sans les produits tou-jours renaissans d’un sol favorisé de la nature, etquelques autres objets d une industrie mieux enten-due , la France ferait avec l’Allemagne moins de pro-fits que l’Allemagne n’en fait avec elle. On en peutdire autant du commerce français dans le Nord.