go LIVRE II, CHAPITRE 7.
maître un avantage indépendant de ceux qu’il tientdéjà de la nature de ses fonctions. Le maître et l’ou-vrier ont bien également besoin l’un de l’autre, puis-que l’un ne peut faire aucun profit sans le secours del’autre; mais le besoin du maître est moins immédiat,moins pressant. Il en est peu qui ne pussent vivreplusieurs mois, plusieurs années même, sans fairetravailler un seul ouvrier ; tandis qu’il est peu d’ou-vriers qui pussent, sans être réduits aux dernièresextrémités, passer plusieurs semaines sans ouvrage.Il est bien difficile que cette différence de positionn’influe pas sur le réglement des salaires.
Ajoutez qu’il est bien plus facile aux maîtres des’entendre pour tenir les salaires bas, qu’aux ouvrierspour les faire augmenter. Les premiers sont moinsnombreux, et leurs communications plus faciles. Lesouvriers , au contraire, ne peuvent guère s’entendresans que leurs ligues aient l’air d’une révolte que lapolice s’empresse toujours d’étouffer. Le système quifonde les principaux gains d’une nation sur l’expor-tation de ses produits, est même parvenu à faire con-sidérer les ligues des ouvriers comme funestes à laprospérité de l’état, en ce qu’elles entraînent unehausse dans le prix des marchandises d’exportation,laquelle nuit à la préférence qu’on veut obtenir dansles marcliés de l’étranger. Mais, quelle prospérité quecelle qui consiste à tenir misérable une classe nom-breuse dans l’état, afin d’approvisionner a meilleur