DE I.A CO If SOMMATION DES RICHESSES. 20()
mations. Elle connaît ses ressources, et sait ne les pasexcéder. Elle compare la valeur des sacrifices quellefait avec la satisfaction, l’avantage quelconque quidoit en résulter. L’economie n’a point de principesabsolus ; elle est toujours relative à la fortune, à lasituation, aux besoins du consommateur. Telle dé-pense conseillée par une sage économie dans une for-tune médiocre,serait une mesquinerie pour un riche,et une prodigalité pour un ménage indigent. Il fautdans la maladie s accorder des douceurs qu’on se refu-serait en état de santé. Un bienfait qui mérite la plushaute louange lorsqu’il est pris sur les jouissancespersonnelles du bienfaiteur, est digne de mépris s’iln’est accordé qu’aux dépens de la subsistance de sesenfans.
L’économie s’éloigne autant de l’avarice que de laprodigalité. L’avarice entasse , non pour consommer,non pour reproduire, mais pour entasser ; c est uninstinct, un besoin machinal et honteux. Léconomieest fille de la sagesse et d’une raison éclairée ; elle saitse refuser le superflu pour se ménager le nécessaire ;tandis que l’avare se refuse le nécessaire afin de seprocurer le superflu dans un avenir qui n’arrive ja-mais. On peut porter de l’économie dans une fêtesomptueuse, et l’économie fournit les moyens de larendre plus belle encore : l’avarice ne peut se mon-trer nulle part sans tout gâter. Une personne éco-nome compare ses facultés avec ses besoins présens,It. 14