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Tome second.
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244 LIVRE III, CHAPITRE 6.

en altérant les monnaies , soit en violant leurs enga-

gemens.

Louis XIV, vers la fin de son règne, après avoirépuise jusqu’au bout les ressources "3e son beauroyaume, créa des charges plus ridicules les unes queles autres. On fit des conseillers du roi controleurs auxempilemens de bois, des charges de barbiers-perru-quiers, des contrôleurs-visiteurs de beurre frais, desessayeurs de beurre salé, etc. Mais tous ces expédiensaussi misérables dans leurs produits que nuisibles dansleurs effets, n’ont retardé que de peu d’instans les ca-tastrophes qui assaillent infailliblement les gouverne-mens prodigues. Quand on ne veut pas écouter laraison , a dit Franklin, elle ne manque jamais de sefaire sentir.

Les bienfaits d’une administration économe répa-rent heureusement assez vite les maux causes par unemauvaise administration. Ce n’est pas d’abord unesanté parfaite : c’est une convalescence où chaque jourvoit se dissiper quelque douleur et renaître l’usage dequelque nouvelle faculté. La crainte avait amorti lamoitié des faibles ressources qu’avait laissées à la na-tion une administration dissipatrice: la confiance (i)

(l) Le public emploie ces expressions : la confiance seperd, la corfiance renaît , sans s’être bien rendu compte dece qu’il entend par ce mot confiance. On ne veut pas seule-ment désigner par là , la confiance dans le gouvernement ;car la très-grande majorité des citoyens ou des sujets ne se