346 LIVRE III, CHAPITRE 8.
suffire à ses besoins, et en même temps à ceux dufisc, sans entamer ses capitaux. Un déclin progressifest la suite inévitable d’un pareil ordre de choses.
C’est ainsi que les dépenses annuelles et véritable-ment gigantesques des gouvernemens modernes, ontobligé les contribuables à un travail plus opiniâtre,
établis au chap. 4 du Livre II, où l’on a vu la différence quiexiste entre la cherté réelle et la cherté relative. Le cherté ré-sultante de l’impôt, est une cherté réelle. C’est une moinsgrande quantité de produits obtenus pour une plus grandequantité de services productifs. Mais, indépendamment decela , l’impôt occasionne ordinairement, et en même temps,un renchérissement des produits relati veulent à l’argent :c’est-à-dire qu’il fait payer les marchandises plus cher enmonnaie. La raison en est que l’argent n’est point une pro-duction annuelle et courante comme celles qu’absorbe l'im-pôt. Sauf les cas où le gouvernement envoie de l’argentdans l’étranger pour acquitter des subsides ou salarier desarmées, il 11e consomme pas de la monnaie : il reverse dansla société, par ses achats, ce qu’il lève par ses contributions ;mais comme il n’y reverse pas les produits qu’il consomme,ceux-ci, outre qu’ils demeurent réellement moins abondanspour les usages du public , sont aussi moins abondans parrapport à la monnaie d’argent, par conséquent plus chers enargent. Mais l’argent lui-même ayant moins de valeur rela-tive , ne tarde guère à s’écouler, et de même que les autresdenrées , il devient plus rare ; et c’est ainsi qu’un pays écrased impôts qui surpassent ses moyens de production, se trouvepeu a peu privé de tout , se dépeuple.