88
de Bâle; et depuis, la jalousie de commerceles a constamment tenus éloignés de cetteville et de tout le canton. Il n’est permisà aucun d’eux de coucher à Bâle, sans payerune taxe assez forte, et sans en avoir obtenula permission expresse du bourgemaître enexercice. 11 leur est môme défendu d’ytraiter d’aucune affaire, autrement qu’enprésence d’un sergent de ville, qui doit lesaccompagner par-tout. Si ce dernier pointde la loi est fidèlement exécuté, il est diffi-cile qu’un juif passe incognito dans la moin-dre rue, rien n’étant plus remarquable quele costume des ces sergens, dont tout l’ha-billement est par moitié, sans en exceptermême le manteau, blanc d’un côté et noirde l’autre. La jurisprudence bâloise pro-nonce en outre la nullité de tout contratpassé entre un juif et un chrétien, à moinsqu’il n’ait été préalablement autorisé par unbourguemaitre. S'il n’y a pas de juif dansBâle, en revanche tous les villages, quienvironnent cette ville du côté de l’Alsace,en sont encombrés? et presque tous les in-dividus de cette malheureuse nation y pré-sentent l’image de la misère la plus hideuse.D’après ce que je vous ai déjà dit de l’in-eroyablç jalousie, qui domine les Bâlois, en
fait