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et elles parlent pour la plûpart beaucoupmieux qu’eux l’allemand et le français. Ellesapprennent cette dernière langue dans lescouvens ou pensions de France, où on lesenvoie communément dès leur première jeu-nesse. Froides et presque timides au pre-mier abord, elles se communiquent peu àpeu ; et lorsqu’on a l’honneur de les connoître,on a tout lieu d’admirer en elles les quali-tés qui font le charme des cercles. Tour-nure d’esprit, justesse de jugement, viva-cité de réparties, tout se réunit à placer desdames de Lucerne, généralement belles, parmiles femmes les plus intéressantes que je con-noisse. Mariées, elles perdent beaucoup deleur liberté et de leur enjouement naturel;et elles oublient bientôt les amusemens lesplus chéris. On les voit se livrer exclusi-vement au soin de leurs ménages, dontelles supportent presque seules toutes lescharges. Elles sont assez bonnes pour êtrean commencement jalouses de leurs maris;mais ceux-ci s’en embarrassent rarement, etplus rarement encore leur rendent le change.Une vie aussi retirée leur donne tout letemps de s’amuser à lire ; et peut - êtrequ’un peu plus de choix dans les livres qu’el-les lisent leur en feroit retirer un plus grand
avan-