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misère des villages, les maladies inconnues énEurope , les espérances trompées , et ce silencequi accueillait toujours cette question: que de-viendrons-nous ? Telle était notre véritable posi-tion. Combien le désastre d'Aboukir ne devait-il pas l’aggraver, en faisant évanouir même l'es-poir de revoir la patrie !
J’eus sur ce sujet une conversation très-intime,et qui dura- fort long-tems, avec le général enchef. Je me hâte de dire que ces idées qui l’a-vaient d’abord assailli, furent bientôt dissipées.Il retrouva promptement ce sang-froid qui do-mine les érènemensj ce courage moral, cetteélévation de pensées, qui avaient fléchi un ins-tant sous le poids accablant de cette nouvelle.Il répétait seulement, avec un accent difficile àrendre: Malheureux Urueys, qu as-tu fait?
J’ai remarque, dans quelques expressions ha-sardées qui sont échappées à Napoléon à Sainte-Hélène , toujours dans le but que j’ai déjà indi-qué, qu’il cherche à rejeter tous les torts surl'amiral de Urucjs. Les personnes qui veulentabsolument que Bonaparte soit une exception àla nature humaine, ont impitojablcment accusécet amiral de la perte de la flotte. Cela est in-% juste, et puisqu’il s’agit d’un des plus grandsévènemcn8 maritimes de cette époque, j’entrerai