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rester sur la route les mains derrière le dos, etgardant sa casquette de voyage sur la tête, faireà Napoléon, seulement de la main, un salut dé-daigneux. C'était aux Tuileries que ces fiersrépublicains auraient dû se conduire ainsi; surla route de l’île d'Elbe, c'était une basse inso-lence !
A Valence, Napoléon vit pour la premièrefois des soldats français, ayant à leur chapeauune cocarde blanche: ils appartenaient au corpsd’Augereau. A Orange, l'air retentit autour delui des cris de : Vive le roi. Ici la gaîté vraieou feinte qu'il avait presque toujours montréesur la route commença à l'abandonner.
Napoléon avait entendu très-peu de cris surla route de Valence à Avignon; au dernier re-lais avant cette dernière ville, un homme vêtud'habits grossiers , mais dont les souliers fins etles bas de soie contrastaient avec le reste deson costume, et plus remarquable encore parses lunettes à branches d'or, arriva auprès dela voiture de l’empereur après avoir traverséles champs en toute hâte. Cet homme monta surles épaulés d'un autre individu , et se penchadans la voiture, comme pour reconnaître quel-qu’un. Pélard, valet de-chambre de l'empereur,l’apercevant, lui reprocha son inconvenance et