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Dixième volume.
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attaque en pleine campagne. Cet avis de Mar-mont * méritait aussi qu’on l’écoutât avec grandeattention; mais, comme on le sait, cet avis neprévalut pas, et Marmont partit avec Mohsicuret le duc de Berry pour Bethune, où la maisondu roi fut licenciée.

J’aurais peine à dire de quels sentimeus dou-loureux je fus assailli, lorsque dans la nuit dudix-neuf au vingt, j'assistai au départ du roi etde la famille royale: et que c'est une chose tristeque le palais d’un roi, au moment où il est con-traint de l’abandonner! Après m’être assuré quetout était tranquille et qu’aucun danger n'exis-tait pour les princes, je partis moi meme le vingtmats, à quatre heures du matin, et je me diri-geai sur Lille, tant j’étais convaincu que le roiprendrait la route du Nord. Je n’avais pas euconnaissance de l’itinéraire arreté pour le voyagede Sa Majesté, mais je me figurai qu’elle avaitadopté et suivait l’avis que j'avais émis et sur le-quel j'avais si fortement appuyé; ce fut doncsur cette seule confiance, qui se trouva fondée,que je suivis la route de Lille. Rien d’extraor-

* Le Havre pouvait être aisément approvision-né : le roi y trouvait la facilité do s’embar-quer, en cas d’une prise d'assaut.