CONSTITUTION DK L'AN VIII.
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se trouvaient prisonniers, tandis que leur déchéance se dé- Nov. iîw.cidait à Saint-Cloud. Le général Bonaparte, qui, en flattanthabilement l’orgueil et les ressentiments de Moreau, l’avaitconduit à accepter ce rôle singulier, lui devait un dédommage-ment. Il réunit en une seule les deux armées du Rhin et del’Helvétie, et lui en conféra le commandement. C’était la plusnombreuse, la plus belle armée de la République, et onne pouvait la mettre en de meilleures mains. Le général Mo-reau avait jeté peu d’éclat dans la dernière campagne. Sesservices très-réels, surtout quand avec une poignée d’hom-mes il arrêta la marche victorieuse de Suwarow, n’étaient ce-pendant pas des victoires, et ne furent pas appréciés à leurjuste valeur. A cette époque la bataille de Zurich avait touteffacé. De plus, la conduite politique de Moreau dans l’affairedu 18 fructidor, lorsqu’il dénonça Pichegru, ou trop tôt outrop tard, lui avait nui dans l’opinion, et l’avait fait jugercomme un caractère faible, tout à fait au-dessous de lui-même,quand il était hors du champ de bataille. Le général Bona-parte le relevait donc beaucoup en lui décernant un si vastecommandement, et il prenait en outre une détermination fortsage. Les légions du Rhin et de l’IIelvétie, contenaient lesplus chauds républicains de l’armée, et beaucoup d’envieuxde la gloire acquise en Italie et en Égypte. Masséna les com-mandait, et il aimait peu le général Bonaparte, quoique sub-jugué par son génie. Il passait tour à tour, à son égard, del’admiration à la mauvaise humeur. On pouvait craindrede sa part quelque fâcheuse démonstration, à l’occasion du18 brumaire. Le choix de Moreau coupait court à toutes lesmanifestations possibles, et enlevait à une armée mécontenteun général mal disposé. Ce choix était également bon sous lerapport militaire ; car cette armée du Rhin et d’flelvétie étaitdestinée, si la guerre recommençait, à opérer en Allemagne,et personne n’avait aussi bien étudié que Moreau cette partiedu théâtre de la guerre.