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LIVRE PREMIER.
n*. 17 U 9 . belligérantes, restée neutre malgré leurs vives instances, malvue d’abord de tous les cabinets dans la première chaleur dela coalition, mieux jugée par eux depuis qu’on était pluscalme, la Prusse devenait un centre d’influence, surtout de-puis que la Russie paraissait lui revenir. Ce qu’on avait ap-
'A-v**'"* ^pelé chez elle pusillanimité commençait à passer pour sagesse.
Cette cour, si elle prenait avec force le rôle qui semblait luiêtr e dév olu par les événements, pouvait servir de lien entrela France et l’Europe, pouvait môme imposer sa médiation,cette manière, tant employée depuis, et avec tant de profit,d’intervenir à propos entre des adversaires fatigués, et derecueillir tous les fruits de la guerre qu’on n’a pas faite, et dela paix qu’on a dictée. Si elle avait osé faire cela, elle n’auraitpas depuis les jours du grand Frédéric, joué un plus beau rôle.
Il y avait à cette époque sur le trône de Prusse, un roi
Fï't$<Wric - Guil-laume et M.
d’Haugvriz. jeune, honnête, plein de bonnes intentions, qui aimait la paix
avec passion, et qui ne cessait de déplorer la faute que sonpère avait commise, en dissipant*dans une guerre folle contrela République française, la gloire militaire, et le trésor accu-mulés par le grand Frédéric. Aujourd’hui, replacé dans-desrelations pacifiques avec la République française, il en profi-tait pour refaire par ses économies le trésor laissé par songrand-oncle, et dévoré par son père. Auprès de ce roi étaitun ministre spirituel, habile, M. d’IIaugwiz, doué au plus hautpoint du talent d’éluder les difficultés, partisan, comme son
maître, de la politique pacifique, mais plus ambitieux que lui,et croyant que de la neutralité bien dirigée, on pouvait tirerpour la Prusse de plus vastes agrandissements que de la guerreelle-même. Alors, en effet, cela pouvait être vrai. Il poussaitdonc son roi à prendre activement le rôle de médiateur, etde pacificateur du continent. Le rôle sans doute était bienjgrand pour le jeune et timide Frédéric-Guillaume, mais ceprince pouvait le remplir avec plus ou moins d’étendue, eten assumer une partie, sinon le tout.