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[Vol. 1.]
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LIVRE II.

fVv. i8oo. (le l'approcher à tous ceux qui en avaient l’occassion; sa bien-faisance, très-vantée déjà dans la Vendée, et qu’on avait à in-voquer en faveur des nombreuses victimes de la guerre civile,étaient pour les chefs royalistes autant de motifs honorablesde le visiter. Le Premier Consul reçut et accueillit fort bien,d’abord l’abbé Bernier, puis MM. de Bourmont, d’Àutichamp,de Chàtillon, et enfin Georges Cadoudal lui-même. 11 distin-gua l’abbé Bernier, et résolut de se l’attacher en l’employantaux difficiles affaires de l’Église. Il entretint fréquemmentles chefs militaires, les toucha par son noble langage, et endécida quelques-uns à servir dans les armées françaises. Ilréussit même à gagner le cœur de M. de Chàtillon. Celui-cirentra dans sa retraite, se maria, et devint l’intermédiaire or-dinaire, et toujours écouté, de ses concitoyens, quand ilsavaient quelque acte de justice ou d'humanité à solliciter duPremier Consul. C’est avec la gloire, la clémence, et la bien-faisance, qu’on termine les révolutions.

Kesiàtanee iic Georges seul résista à cette haute influence. Quand il fut

(loutlitî à Tin- conduit aux Tuileries, l’aide-de-camp chargé de l’introduire,

fluence du l»re- , lt . ’ ,

mier Consul, conçut a son aspect de telles craintes, qui! ne voulut jamaisrefermer la porte du cabinet du Premier Consul, et qu’il ve-nait à chaque instant jeter à la dérobée quelques regardspour voir ce qui s’y passait. L’entrevue fut longue. Le géné-ral Bonaparte fit en vain retentir les mots de patrie, de gloireaux oreilles de Georges; il essaya même en vain l’amorce del’ambition sur le cœur de ce farouche soldat de la guerre ci-vile; il ne réussit point, et fut convaincu lui-méme quil n’a-vait pas réussi, en voyant le visage de son interlocuteur.Georges, en le quittant, partit pour l’Angleterre avec M. Hydede Neuville. Plusieurs fois, racontant son entrevue à son com-pagnon de voyage, et lui montrant ses bras vigoureux, ils s’é-cria : Quelle faute j’ai commise de ne pas étouffer cet hommedans mes bras ! —

Cette prompte pacification de la Vendée produisit un grand