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LIVRE II.
Mais 1800. « ce temple de la guerre ; alors le sentiment universel de la«joie effacera le souvenir de toutes les injustices et de toutes«les oppressions . . . déjà même les opprimés oublient leurs
«maux, en se confiant à l’avenir!. Les acclamations
« de tous les siècles accompagneront le héros qui donnera ce«bienfait à la France, et au monde qu’elle ébranle depuis« trop long-temps. »
Ce discours terminé, des crêpes noirs furent attachés àtous les drapeaux, et la République française fut censée endeuil du fondateur de la République américaine, comme lesmonarchies qui se mettent en deuil, les unes pour les pertesque font les autres. Que manquait-il à cette pompe, pourqu’ello eût la grandeur de ces scènes funèbres, où Louis XIVvenait entendre l’éloge de l’un de ses guerriers, de la bouchede Fléehier ou de Bossuet? Ce n’était pas sans doute lagrandeur des choses et des hommes, car on parlait deWashington devant le général Bonaparte, on parlait au milieud’une société, qui avait vu aussi des Charles I er monter surl’échafaud, et même des femmes couronnées les y suivre!On pouvait y prononcer à chaque instant les mots de Fleu-ras, d’Arcole, de Rivoli, de Zurich, des Pyramides, et cesmots magnifiques pouvaient assurément agrandir un discoursaussi bien que ceux des Dunes et de ltocroy ! Que manquait-ildonc à celte solennité pour être tout à fait grande? 11 y man-quait ce que le plus grand des hommes lui-même n’y pouvaitmettre : il y manquait la religion d’abord, non pas celle qu’ons’efforce d’avoir, mais celle qu’on a véritablement, et sans la-quelle les morts sont toujours froidement célébrés : il y man-quait le génie de Bossuet, car il est des grandeurs qui ne re-viennent pas chez les nations, et si les Turcnne, les Condéont des successeurs, les Bossuet n’en ont pas: il y manquaitenfin une certaine sincérité, car cet hommage à un héros, re-nommé surtout par le désintéressement do son ambition, étaittrop visiblement affecté. Cependant n’allons pas croire, avec