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LIVRE III.

Avril 1800.

. Conventionavec Moreau.

Vives instancesdu Premier Con-sul auprès deMoreau pour ledécider à ouvrirla campagne.

Commencementdes hostilités enLigurie.

d’ailleurs combien c’est chose difficile d’arracher à un généralen chef un détachement de son armée, lorsque les opérationssont une fois commencées. Moreau insista pour avoir Lecourbe, s’engageant à le rendre au général Bonaparte dèsqu’il aurait réussi h pousser le maréchal de Krav sur Ulm. LePremier Consul se rendit à ce désir, résolu à tout concéderpour maintenir la bonne harmonie; mais il voulut que Moreausignât une convention, par laquelle il promettait, après avoirjeté les Autrichiens sur Ulm, de détacher Lecourbe avec 20ou 25 mille "hommes vers les Alpes. Cette convention futsignée à Bâle entre Moreau et Berthier, ce dernier considéréofficiellement comme général en chef de l’armée de réserv e.

Le général Dessoles était parti de Paris après avoir com-plètement réglé avec le Premier Consul les points en discus-sion. On était d’accord ; tout était prêt pour l’entrée en cam-pagne , et il importait de commencer immédiatement les opé-rations, pour que, Moreau ayant exécuté de bonne heure lapartie du plan qui le concernait , le Premier Consul pût sejeter au delà des Alpes, et dégager Masséna avant que celui-ci fât écrasé, car il luttait avec 36 mille hommes contre 120mille. Le Premier Consul voulait que Moreau agit à la mi-avril, ou, au plus tard, à la fiu de ce mois. Mais ses instancesétaient vaines ; Moreau n’était pas prêt, et n’avait ni l’activité,ni l’esprit de ressources qui suppléent à l’insuffisance desmoyens. Tandis qu’il différait, les Autrichiens, fidèles à leurplan de prendre l’initiative en Italie, se jetaient sur Masséna,et commençaient avec ce général une lutte, que la dispropor-tion des forces a rendue digne d’une mémoire immortelle.

L’armée de Ligurie présentait tout au plus 36 mille hom-mes en état de servir activement, et distribués de la manièresuivante.

Treize ou 14 mille hommes, sous le général Suchet, for-mant la gauche de l’armée, occupaient le col de Tende, Niceet la ligne du Yar. Un corps détaché de cette aile,'fort de